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Transcription :
[Musique]
[Voix féminine]
Dédale et Icare.
Vous allez apprendre ce qui est arrivé à Icare, un jeune garçon qui vit en Crète, la plus grande île grecque.
Pour bien comprendre ce récit, il faut savoir que le père d’Icare s’appelle Dédale. C’est un inventeur et architecte de génie. Dédale veut rentrer chez lui, mais il est retenu en Crète contre sa volonté par le roi Minos. Il est désespéré, quand soudain il a une idée…
[Musique]
[Voix féminine]
Dédale ne supporte plus d’être retenu en Crète car il déteste être en exil, loin de chez lui, depuis si longtemps. Il est rattrapé par l’amour de sa ville natale d’Athènes mais il reste emprisonné par la mer. « Les chemins de la terre et de la mer me sont fermés, se dit Dédale. Soit ! Mais le ciel, en tout cas, m’est ouvert. Nous passerons par là, mon fils et moi. Le roi Minos a beau tout posséder, il ne possède pas les airs. »
Sur ces mots, Dédale consacre toute son énergie à une science jusqu’alors inconnue. Et il change l’ordre établi par la nature ! Il prend des plumes et les dispose en commençant par les plus courtes jusqu’aux plus longues. On dirait qu’elles ont poussé par ordre croissant de taille. (Il y a longtemps, la flûte des campagnes, devenue flûte de Pan, a été inventée de la même manière, avec des tuyaux de paille de tailles différentes et rangés du plus petit au plus grand.) Dédale attache ensuite entre elles les plumes du milieu avec du lin et celles des extrémités avec de la cire. Une fois assemblées ainsi, il les courbe en les repliant légèrement pour imiter les ailes des oiseaux.
Son fils, le jeune Icare, se trouve à ses côtés, ignorant qu’il joue avec ce qui va bientôt le mettre en danger : le sourire aux lèvres, tantôt il attrape les plumes qu’un léger vent soulève, tantôt il ramollit de ses pouces la cire jaune. Avec ses jeux, il gêne le travail extraordinaire de son père. Après avoir mis la dernière main à l’ouvrage qu’il a entrepris, Dédale se place en équilibre sur les deux ailes et parvient à rester suspendu dans les airs !
Il équipe alors son fils et lui dit : « Ne vole ni trop haut, ni trop bas, Icare ! Je te préviens : si tu vas trop bas, l’eau va alourdir tes plumes, et si tu vas trop haut, le feu du soleil te brûlera. Reste bien au milieu ! Ne regarde ni la constellation du Bouvier, ni celle de la Grande Ourse, ni celle d’Orion qui ressemble à une épée. Suis le même chemin que moi ! ». Dédale lui explique également comment voler. Il fixe ces ailes extraordinaires aux épaules d’Icare. Alors qu’il s’occupe de son enfant et lui donne des conseils, les joues du vieux père se mouillent de pleurs et ses mains tremblent. Il embrasse son fils, pour la dernière fois…
Soulevé par ses ailes, Dédale s’envole en premier, inquiet pourtant pour son compagnon de vol. Comme un oiseau qui pousse hors du nid ses petits, il l’encourage à le suivre, lui apprend sa technique maudite : il agite ses ailes, et se retourne pour regarder celles de son fils. Un pécheur qui attrapait des poissons avec un roseau tremblant en guise de canne à pêche, un berger les mains nouées à son bâton et un laboureur penché sur sa charrue les voient. Ils restent tous sidérés. Ils pensent voir des dieux, puisque père et fils peuvent voler !
Dédale et Icare dépassent les îles grecques de Délos et de Paros. Il y a à présent sur leur gauche Samos, l’île de la déesse Junon, et à leur droite les îles de Lebinthos et Calymné, une terre riche en miel. Mais grisé par les airs, voilà qu’Icare se laisse emporté par son vol audacieux. Il arrête de suivre son père. Entraîné par le désir d’atteindre le ciel, il va plus haut. Très vite, la proximité du soleil ramollit la cire parfumée qui attachait les plumes entre elles. La cire a fondu ! Icare secoue ses bras. Il n’a plus d’ailes pour voler. Il tombe ! Ses ailes ne peuvent même pas l’aider à ramer. Il appelle son père mais sa bouche est noyée par la mer bleu foncé. Elle lui doit depuis son nom de mer Icarienne. Son père, le malheureux Dédale, qui désormais n’est plus père, l’appelle : « Icare, où es-tu ? Où dois-je te chercher ? Icare ! ». Il aperçoit soudain des plumes sur l’eau… Il maudit alors son invention et met dans un tombeau le corps de son enfant. Depuis, l’île d’Icaria porte le nom de celui y est enterré.
[Musique]
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