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Transcription :
[Musique]
[Voix féminine]
Vous allez découvrir les métamorphoses du roi Midas et ses rencontres avec le dieu du vin Bacchus et le dieu des arts Apollon.
Pour bien comprendre ce récit, il faut savoir que le père adoptif de Bacchus se nomme Silène. Un jour, Silène se perd dans le royaume de Midas qui lui offre l’hospitalité et organise une fête en son honneur. Bacchus souhaite alors récompenser le roi Midas pour le remercier d’avoir accueilli son père et pour l’avoir raccompagné auprès de lui.
[Musique]
[Voix masculine]
Heureux d’avoir retrouvé Silène son père adoptif, Bacchus laisse au roi Midas la possibilité aussi précieuse que dangereuse de décider de sa récompense. Ce dernier, qui fera un mauvais usage de ce présent, demande : « Fais que tout ce que je touche se transforme en or ! » Bacchus accorde à Midas cette faveur qui lui causera du tort mais il s’afflige que le roi n’ait pas fait un meilleur choix.
Midas s’éloigne tout joyeux, se réjouissant de son malheur. Il touche à tout pour savoir s’il peut croire en ce qu’on lui a promis.
Peinant à croire en son pouvoir, Midas arrache une branche basse d’un chêne vert et la branche est changée en or. Il prend une pierre dans le sol et la pierre revêt aussitôt la teinte pâle de l’or. Il ramasse ensuite une motte de terre et à son contact tout puissant, la motte de terre devient une masse d’or. Il cueille des épis de blé secs et sa moisson est d’or. Il prend une pomme tombée à terre et on croirait un don doré du jardin fabuleux des divines Hespérides. Il pose ses doigts sur les portes de son palais, et on peut les voir briller. Même lorsque Midas lave ses mains dans de l’eau claire, l’eau qui coule entre ses doigts pourrait tromper à nouveau Danaé, dupée jadis par Jupiter qui avait pris l’apparence d’une pluie d’or. À peine fait-il un vœu qu’il transforme tout en or.
Ses serviteurs dressent des tables couvertes de plats où le pain et les fruits ne manquent pas. Mais dès que Midas touche le pain, il durcit. S’il commence à dévorer un plat, lui qui a une faim de loup, il mastique une couche d’or. S’il mélange de l’eau claire à du vin, don de Bacchus, le dieu qui a exaucé son vœu, c’est de l’or fondu qui coule de ses lèvres.
Frappé par ce malheur auquel il ne s’attendait pas, riche et misérable à la fois, Midas souhaite échapper à la richesse. Il maudit le vœu qu’il a fait. Aucun bien n’allège sa faim et la soif brûle sa gorge desséchée. Il est torturé par l’or qu’il déteste à présent. Il l’a bien mérité !
Alors, il lève ses mains resplendissantes d’or vers le ciel et s’écrie : « Accorde-moi ton pardon, Bacchus ! J’ai fait une erreur mais aie pitié de moi, je t’en supplie, et annule ce don qui me nuit et me cause du tort ! ».
Bacchus fait preuve d’indulgence. Il rend son état normal à Midas qui vient d’admettre qu’il a commis une erreur et il annule le don qu’il lui a fait. « Ne reste pas couvert de cet or que tu as souhaité pour ton malheur, lui dit-il. Rends-toi sur les rives du fleuve qui se trouve près de la grande ville de Sardes en Asie. Grimpe jusqu’au sommet de la montagne en remontant le fleuve, et poursuis ta route jusqu’à atteindre sa source. Plonge-toi entièrement dans le torrent là où l’eau écumante est la plus profonde et ainsi lave-toi de ta faute. »
Le roi Midas fait ce qu’on lui demande et entre dans l’eau. Soudain, la couleur d’or teinte le fleuve. Elle quitte le corps de l’homme pour rejoindre la rivière. Aujourd’hui encore, dans cette région, les champs humides, à la terre couleur dorée, gardent la trace du filon d’or qui s’y est déposé.
Midas, qui déteste à présent les richesses, vit dans les campagnes et les forêts. Il honore Pan, dieu des bois, qui habite dans les grottes des montagnes. Mais son esprit reste grossier et sa stupidité va, une seconde fois, lui causer du tort.
Dominant le fleuve Pactole que Midas a remonté, se dresse la haute montagne du Tmole dont les sommets élevés hérissent le paysage. De part et d’autre de ses deux versants, se trouvent la ville de Sardes d’un côté et de l’autre côté la petite cité d’Hypaepa.
Dans cette montagne, Pan lance ses accords bruyants aux tendres Nymphes, divinités des forêts, et il accompagne ses petites chansons de sa flûte faite de roseaux joints par de la cire. Il ose alors mépriser les chants d’Apollon trouvant les siens meilleurs et il en vient à le défier en proposant une compétition inégale dont la montagne du Tmole sera l’arbitre.
Le vieux Tmole se transforme en juge ! Il s’installe. Il dégage ses oreilles des arbres qui les couvrent. Seules des feuilles de chêne couronnent sa chevelure bleu azur et des glands ornent ses tempes creuses. Il regarde alors Pan et lui dit : « Un juge n’attend pas ! » Pan fait résonner sa flûte champêtre et sa musique sauvage charme Midas qui se trouvait là par hasard.
Quand Pan a terminé, le Tmole sacré se tourne vers Apollon et les forêts qui le couvrent épousent le mouvement de son visage. Alors, Apollon dont la chevelure blonde porte la couronne de laurier du mont Parnasse où vivent les Muses, balaie le sol de son grand manteau teint en pourpre de Tyr, une ville du Liban. Il tient de la main gauche sa lyre ornée de pierres précieuses et d’ivoire venant d’Inde et de l’autre main son archet. Rien qu’à son attitude, on devine son talent. Ensuite, d’un geste expérimenté, il presse les cordes de son instrument. Saisi par la douceur de ces accords, le Tmole ordonne que Pan fasse taire sa flûte face à la lyre.
La décision et le verdict du Tmole sacré conviennent à tous. Seul Midas critique à voix haute ce jugement et le déclare injuste. Alors Apollon, dieu de Délos où il est né, ne peut supporter que des oreilles si grossières gardent une forme humaine. Il les étire en longueur et les couvre de poils blancs. Il les rend souples à leur extrémité et leur donne la faculté de bouger. Le reste du corps de Midas garde une forme humaine. Ce dernier n’est puni qu’à un seul endroit : il a les oreilles d’un âne qui avance lentement.
Midas désire dissimuler sa laideur. Honteux de ses oreilles, il tente de les cacher sous un bonnet de couleur pourpre. Mais le serviteur qui a l’habitude de couper les cheveux de son maître quand ils sont trop longs s’en aperçoit. Il n’ose pas révéler ce qu’il a vu, tout en désirant le divulguer. Incapable de se retenir, il s’éloigne, creuse le sol et, à voix basse, il raconte qu’il a aperçu les oreilles de son maître, il le murmure à la terre qu’il vient de retirer. Il enfouit dans le sol la révélation qu’il vient de faire et il s’éloigne en silence du trou qu’il a comblé.
Mais bientôt, à cet endroit, un bois rempli de roseaux tremblants commence à s’élever. Et quand l’année suivante, les roseaux ont poussé, ils trahissent le serviteur : agités par un vent léger, ils rapportent les mots enfouis et dévoilent le secret des oreilles de Midas.
[Musique]
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