Chapitres
- Présentation du sujet par Clément Fantoli, synthèse des actions observées sur le sujet
- Le regard de la Recherche, Carolina Serrano Archimi
- Le regard de l'IGESR, Aurélie PROLONGEAU
- Le regard du terrain, Laetitia ALLEGRINI
- Réponses croisées
Les Regards croisés de l'Observatoire - L’IA comme assistant aux gestes professionnels - webinaire numéro 2
11 juin 2026
Dans le cadre des Regards croisés de l'Observatoire de l'IA en éducation, le second webinaire est consacré à l’intelligence artificielle comme assistante de l’enseignant pour la conception pédagogique.
Il propose d’interroger la manière dont l’IA peut accompagner le travail de préparation de l’enseignant : conception de séquences, formulation d’objectifs, différenciation, création de supports, adaptation des activités et scénarisation des apprentissages.
Il réunira Carolina Serrano Archimi, Aurélie PROLONGEAU et Laetitia ALLEGRINI pour croiser les regards de la recherche, de l’institution et du terrain.
Accéder au micro-parcours associé sur Magistère.
Le webinaire présente les premiers enseignements de l’Observatoire national des usages pédagogiques de l’IA, à partir de données arrêtées fin avril 2026. L’idée principale est que l’IA est déjà fortement mobilisée pour soutenir les gestes professionnels des enseignants, en particulier autour de l’évaluation, de la correction, du feedback, de l’analyse des productions d’élèves et de l’accompagnement des apprentissages. Les données citées montrent 79 actions liées aux gestes professionnels, avec 167 occurrences de typologies d’usage ; les deux gestes les plus représentés sont la conception/exploitation des évaluations et la formulation de rétroactions.
La première intervention insiste sur le fait que l’arrivée de l’IA ne constitue pas seulement un changement d’outil, mais un changement de paradigme pédagogique. Les enseignants doivent accepter une période d’inconfort, car ils passent d’une forme d’“incompétence consciente” face à l’IA vers une compétence nouvelle, construite progressivement. Le risque principal serait l’inaction. L’IA peut aider à repenser l’alignement pédagogique, par exemple en vérifiant la cohérence entre objectifs d’apprentissage, activités, évaluations et niveaux de la taxonomie de Bloom. Elle peut aussi servir à créer des assistants pédagogiques, des jeux de rôle, des situations de négociation ou des feedbacks personnalisés, à condition que l’enseignant garde la maîtrise du scénario.
Un point important concerne l’évaluation. L’IA peut aider à clarifier les grilles d’évaluation, à formuler des critères plus précis et à produire des feedbacks plus complets. Mais cela suppose une forte transparence : les étudiants doivent apprendre à déclarer comment ils utilisent l’IA, et les enseignants devraient aussi réfléchir à leur propre transparence d’usage. L’enjeu n’est donc pas seulement technique, mais éthique et pédagogique.
La deuxième intervention rappelle le cadre réglementaire et éducatif. Le règlement européen sur l’IA impose une approche par les risques, avec une vigilance particulière pour les usages liés à l’accès à l’éducation, à l’évaluation ou à la surveillance des examens. Le cadre d’usage en éducation insiste sur un usage responsable, critique, sobre et encadré. L’IA ne doit pas conduire à une délégation cognitive : les élèves doivent continuer à penser, argumenter, vérifier et comparer. L’enjeu est de former les élèves à la littératie de l’IA, c’est-à-dire à comprendre comment interagir avec ces outils, en repérer les biais, les limites et les hallucinations.
La troisième intervention donne des exemples concrets d’usages dans la région PACA. L’IA peut aider à planifier, différencier, expliciter, réguler ou motiver. Elle peut aussi soutenir l’accessibilité, l’inclusion, les élèves allophones ou la transformation de documents pédagogiques. L’outil Inclus IA est cité comme exemple de commun numérique permettant de travailler la différenciation, la conception universelle des apprentissages et l’accessibilité des supports. Mais ces usages n’ont de valeur que s’ils sont intégrés dans un scénario pédagogique pensé par l’enseignant.
La conclusion commune est très claire : l’IA peut augmenter les gestes professionnels, mais elle ne remplace ni l’enseignant, ni la relation pédagogique. Elle peut faire gagner en efficacité pédagogique, aider à mieux différencier, à mieux accompagner, à mieux formuler des feedbacks, mais elle ne doit pas supprimer l’effort cognitif des élèves. Les élèves doivent apprendre à utiliser l’IA au bon moment, mais aussi à savoir ne pas l’utiliser quand elle n’est pas nécessaire.
En une phrase : le webinaire défend une vision de l’IA comme assistant pédagogique puissant, utile pour enrichir les gestes enseignants, à condition qu’elle reste encadrée par l’expertise professionnelle, l’esprit critique, la transparence et une réflexion didactique solide.
Mots clés : conception pedagogique education geste professionnel ia observatoire webinaire
Informations
- Stéphane Guérault
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- Clément Fantoli
- Clement Fantoli
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- 12 juin 2026 09:03
- Conférence
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